L’exilé du Château-Morange

Parthierry

L’exilé du Château-Morange

ABD-EL-KRIM.

En 1926, Abdelkrim et une partie de sa famille sont exilés à l’île de la Réunion et installés au Château Morange.

Le problème n’était pas mince pour le gouverneur Repiquet, chargé par le Ministère de l’Intérieur de trouver une demeure pouvant recevoir dignement les exilés du Rif. Son choix finit par se porter sur le « Château-Morange » qui, bien que nécessitant des travaux, pouvait répondre aux besoins de tout ce monde. Voici comment le gouverneur la décrit dans une lettre adressée au Ministre de l’Intérieur : «  J’ai l’honneur de vous rendre compte que j’ai définitivement arrêté pour le compte du Protectorat du Maroc, la location du Château-Morange, propriété située à environ un kilomètre de Saint-Denis. Cette propriété d’une contenance approximative de sept hectares de terres cultivables comporte une vaste maison d’habitation construite en pierres, comprenant salon, salle à manger, sept chambres à coucher, deux cabinets de débarras, des dépendances à proximité de la maison (logements pour domestiques, cuisines, écuries)…Je ne crois pas qu’il eût été possible de trouver ailleurs une maison d’habitation susceptible de loger confortablement 28 personnes, permettant une surveillance facile, avec des terrains suffisants pour faire de la culture…. »

A propos de la végétation alentour le correspondant particulier du journal « l’Illustration » du18 décembre 1926 parle d’un « parc embroussaillé de 7 hectares où de grands arbres répandent leur ombrage : manguiers, cocotiers, letchis, jacquiers, papayers, cacaoyers, puis une véritable forêt de bananiers (15000 pieds) et un jardin potager ».

Qui était ABD-EL-KRIM?

Abbd-el-Krim el Khattabi est né en 1882 dans le Rif (Zone côtière du nord du Maroc, sous domination espagnole alors que le reste du pays était sous protectorat français.)Il est issu d’une famille de notables et fils de cadi (juge musulman).

Après avoir fréquenté des écoles traditionnelles et des écoles espagnoles il fera des études à l’université de Fès ainsi qu’en Espagne où il étudiera la mine et la technologie militaire.Entre 1908 et 1915 il fut journaliste au quotidien de Melilla. Par la suite il entrera dans l’administration espagnole et sera nommé cadi-chef de Melilla.

Dès 1917 il s’opposera à la domination espagnole. La réponse de l’Espagne fut militaire. Après un certain nombre d’escarmouches dans ce pays montagneux qui se se prêtait bien à la guérilla, Abd-el-Krim triomphera de l’armée espagnole du général Silvestre à la bataille d’Aroual ; l’armée espagnole perdit 16000 soldats. En 1922 sera proclamée la République confédérée des tribus du Rif.

La France colonisatrice du Maroc vint alors au secours de l’Espagne. Pétain fut placé à la tête d’une armée de 200.000 hommes. Avec les Espagnols cela faisait en tout 450.000 hommes. Dès lors le combat devenait inégal. Abd-el-Krim vaincu en 1926 fut exilé à La Réunion avec 27 membres de sa suite.

Au bout de 21 ans d’exil, la France lui permit de venir s’installer sur la Côte d’azur, mais à l’escale de Port-Saïd Abd-el-Krim et sa suite s’esquivèrent et restèrent en Egypte où Abd-el-Krim restera jusqu’à sa mort en 1963 sans jamais revoir le Maroc et son Rif natal. Le président égyptien Gamal Abdel Nasser lui accorde des funérailles nationales, sa dépouille reposant au Caire dans le carré réservé aux héros du monde arabe car les autorités marocaines refusent qu’il soit enterré sur son sol natal

Source : dpr974, wikipedia

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